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No border, no nation …

Eric Besson a annoncé la semaine dernière sa décision de détruire la jungle, dernier refuge des sans-papiers à Calais. Qu’aurions nous pu attendre d’autre d’un ministre de l’immigration et de l’identité nationale…?

La nuit de Dimanche à Lundi, humanitaires, No Border, migrants et journalistes ont veillé, dans l’attente de l’arrivée des CRS.
A 7h30 c’est le débarquement, comme à leur habitude les forces de police avaient déployé un dispositif surdimmensionné . L’expulsion a donc commencée, entre les cris des militant-es qui faisaient bloc pour protéger les migrants et les pleurs de ces derniers, impuissants face à la violence et la détermination aveugle de la police. Pendant ce temps, Mr Besson s’empressait de rédiger son discours. Il a crié sur toute les chaines de télévision que cette opération ne visait pas les migrants mais les passeurs. Au passage notre cher ministre nous parle de ses partenaires Grecs de chez Frontex, bien connus pour leur attachement au droits de l’Homme.

Les réactions n’ont pas tardé et un rassemblement à eu lieu à 19h le soir même, place de la République. On résume rapidement les événements de la journée puis on laisse la parole aux No Border de retour de Calais. L’émotion est palpable et pas besoin d’être savant pour sentir que cette matinée a été marquante pour les témoins.

Au delà de l’émotion, c’est l’inquiétude face à la gravité de la situation qui prévaut. Que vont devenir ces hommes qu’on a parqué par centaines dans des bus ? Si on s’en réfère à ce qu’on sait de la loi, adultes ou mineurs ne peuvent être renvoyés en Afghanistan : le pays est en proie à la guerre civile et les forces françaises y sont installées.
Le sort des plus jeunes est particulièrement préoccupant. D’une part, il est prévu de déterminer l’âge des migrants par des test osseux. Or ces tests sont basés sur la morphologie de jeunes Nord-Américains. Il est évident qu’un jeune Américain n’a pas la même anatomie que son homonyme Afghan qui a traversé des milliers de kilomètres dans des conditions très difficiles. Beaucoup de ces jeunes vont donc être considérés comme majeur et soumis à un traitement plus dur. Ce genre d’abération met en évidence le peu de considération que l’on porte à ce jour aux sans-papiers. D’autre part, beaucoup ont fait le voyage avec un ou plusieurs membres de leur famille dont ils ont de grandes chances d’être séparés, perdant ainsi leurs derniers repères.

Mais si la situation est dramatique d’un point de vue humanitaire et l’est tout autant pour ce qui est de l’avenir de notre société.
Les événements de ces derniers jours rappellent des souvenirs difficiles de notre Histoire. Ce genre d’opération, d’expulsion organisée à grande échelle s’appelle une rafle ! La comparaison peu paraître facile mais n’est pas dénuée de sens et de vérité pour autant.
Pendant qu’on nous occupe avec la grippe A ou que sais-je encore, l’état vote des lois de plus en plus répressives, vend des armes au Brésil et collabore avec les plus anciens dictateurs de notre époque.
Alors où le gouvernement va-t’il arrêter sa politique liberticide et policière ?

« Ce qui s’est passé aujourd’hui à Calais n’était qu’un avertissement ».

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A noter également, les CRS en place à Calais ne lèvent le camp que Vendredi. La plus grosse partie de la jungle a été vidée mais c’est une zone immense et de nombreux clandestins y sont encore réfugiés. De nouvelles rafles sont donc à prévoir.
Il a été prouvé que la présence de militant-es lors d’une expulsion permettait de limiter quelque peu la violence des forces de police. Les militant-es recherchent également des volontaires en possession de voiture, ne disposant que de vélos ils ont ainsi été plusieurs fois pris de court par la police.

Rassemblement en soutien au sans-papier de Calais

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